Les Picards
Dans une époque où l'image est reine, où l'image est partout, souvent commerciale, où elle défile, tourne, nous noie, j'ai voulu photographier le temps qui a passé, ce qu'il en reste. J'ai voulu prendre le temps de passer la porte, d'aller chez les picards.
Prendre le temps avec des personnes qui en ont. Mais, surtout, avec des personnes qui ont des histoires à transmettre, des vies à raconter, des anecdotes à retracer. Dans un monde où tout ce qu'on nous propose est plat, à consommer rapidement, sans s'appesantir, j'ai choisi d'être lent, d'écouter.
J'ai souhaité photographier ces gens chez eux, dans leur monde. Et d'entrer un peu plus dans cet univers, en demandant à chacun d'associer une image, un lieu, n'importe quoi, à leur portrait, un peu de leur âme ou de leur amour.
On m'a souvent dit que la photographie n'était qu'un prétexte. En l'occurrence, c'est un prétexte à la rencontre de l'autre. Lors des prises de vue, l'acte photographique s'effaçait devant les histoires des uns et des autres, devant les anecdotes ou les récits plus graves. J'ai tenté d'en raconter certaines par mes clichés, ou au moins de les faire ressentir. J'ai l'impression que chaque photographie est pleine de ces histoires, et qu'elle témoigne, aussi subjectivement que possible, de ces morceaux d'existence.
Je regarde maintenant chaque diptyque comme je lirais un conte, vous savez, ces contes que l'on a tant lu qu'ils deviennent une partie de nous.

Madame Orville et la mare

Madame Sys et le jeu de cartes

Monsieur Sys et ses timbres

Madame Munoz et son chien

Monsieur James et sa moto

Madame Daucy et sa télévision

Madame Abadie et son sapin

Monsieur Dubert et sa véranda

Marco et son banc

Ginette et son salon de coiffure

Gaston et ses poireaux

Etiennette et son jeu de rummikub

Christiane et sa poupée

Djé et l'amarylis

Denis et Maya